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Tendances conjoncturelles et prévisions du Groupe d’experts de la Confédération pour les prévisions conjoncturelles - printemps 2006

Berne, 30.03.2006 - Durant l’hiver 2005-2006, l’expansion conjoncturelle s’est poursuivie en Suisse et semble même s’être consolidée davantage. Les signes annonciateurs d’un renversement de tendance sur le marché du travail se précisent, ainsi que ceux d’une relance plus marquée des investissements en biens d’équipement. En 2006, l’économie suisse devrait connaître une croissance de 2%. L’expansion devrait se poursuivre également en 2007, mais le rythme d’expansion ralentira quelque peu, dans à un environnement mondial et monétaire légèrement moins porteur.

Au printemps 2006, le rythme d’expansion de l’économie mondiale a été à nouveau soutenu. Les indicateurs conjoncturels de ces derniers mois annoncent la poursuite d’une croissance vigoureuse aux Etats-Unis, au Japon et dans le reste de l’Asie et une consolidation du redressement dans la zone euro. Avant la fin de l’année 2007, il faut toutefois s’attendre à ce que la conjoncture mondiale perde un peu de son dynamisme, dans un environnement monétaire international soumis à une orientation générale moins expansive. Cela est en particulier le cas pour les Etats-Unis, où l’expansion devrait s’essouffler peu à peu et les taux d’intérêt plus élevés contribuer au ralentissement de l’essor actuel très vigoureux de la consommation des ménages. Le Japon et la zone euro ne seront pas épargnés par cette évolution légèrement moins favorable de l’environnement international. De plus, en Allemagne notamment des mesures restrictives en matière fiscale pourraient représenter un frein supplémentaire pour la conjoncture en 2007.

Il est fort probable que le prix du pétrole demeure pour un certain temps accroché à son niveau actuel (environ 60 dollars le baril), même si différentes évolutions récentes font courir au prix du pétrole des risques tant à la baisse qu’à la hausse. Alors que les quantités stockées et la détente du marché pourraient déclencher un léger recul des notations, l’évolution de l’offre reste affectée par des incertitudes politiques importantes (notamment le conflit autour du programme nucléaire iranien), ce qui augmentent les risques d’une rupture abrupte de l’approvisionnement.

Le fait dominant de l’année 2005 a été le caractère relativement robuste de l’expansion de l’économie suisse. Des impulsions provenant autant de la demande intérieure que de celle étrangère ont soutenu la conjoncture tout au long de l’année. A cet égard, les rôles importants de la consommation des ménages (dans l’optique de la dépense) et de la valeur ajoutée du secteur financier (dans l’optique de la production) doivent être relevés. Les indicateurs conjoncturels de ces derniers mois confirment que l’expansion s’est poursuivie depuis l’automne dernier. Les signes annonciateurs d’un renversement de tendance sur le marché du travail se précisent, ainsi que ceux d’une relance plus marquée des investissements en biens d’équipement. Durant les premiers mois de l’année 2006, le climat des affaires auprès des entreprises et celui plus général auprès des consommateurs semblent avoir poursuivi leur embellie.

En Suisse également les fortes impulsions livrées ces dernières années par des conditions monétaires très avantageuses (taux d’intérêt à des bas niveaux historiques) devraient progressivement s’affaiblir. Etant donné toutefois que le risque d’une accélération du renchérissement demeure très faible, le relèvement des taux d’intérêt devrait avoir lieu en douceur, tant pour les taux d’intérêt à court terme qu’à long terme.

Le groupe d’experts de la Confédération table sur la poursuite en Suisse d’une expansion conjoncturelle robuste en 2006. Il s’attend désormais à une croissance du PIB à prix constants de 2%, ce qui signifie que la dernière prévision du début janvier 2006 (1,8%) a été légèrement revue à la hausse. C’est en particulier dans le domaine des investissements en biens d’équipement que la croissance devrait s’accélérer en cours d’année, en raison notamment du degré élevé de l’utilisation actuelle des capacités techniques de production et des attentes optimistes des entreprises. La croissance économique prévue pour 2006 est du même ordre de grandeur que celle enregistrée ces deux dernières années (2,1% en 2004 et 1,9% en 2005, valeurs provisoires). Une phase de relance conjoncturelle relativement robuste pour l’économie suisse se dessine ainsi, après trois années de très faible expansion (2001 +1,0% ; 2002 +0,3% ; 2003 -0,3%).

La dynamique conjoncturelle devrait s’affaiblir légèrement en 2007, comme cela avait déjà été prévu en janvier dernier par le groupe d’experts. Le chiffre de 1,5% pour la croissance annuelle du PIB à prix constants en 2007 est maintenue. Un environnement économique international légèrement moins porteur, qui exercera un effet de frein sur l’expansion des exportations de la Suisse, est à l’origine en partie de ce ralentissement. A cela vient s’ajouter également une certaine normalisation de l’expansion de diverses composantes de la demande intérieure, après trois années de croissance relativement soutenue. En particulier, le rythme d’expansion des investissements en construction, et dans une moindre mesure celui des dépenses de consommation des ménages, devraient afficher un ralentissement. La consommation privée pourrait toutefois profiter des impulsions positives qui émaneront du marché du travail, qui compenseront en partie les effets (défavorables) de la hausse des taux d’intérêt et du prix élevé de l’énergie.

La reprise amorcée en 2005 du marché du travail devrait se consolider durant l’année 2006 et se poursuivre également en 2007. Le Groupe d’experts prévoit une hausse de l’emploi (en équivalents pleintemps) de 0,5% en 2006 et de 0,3% en 2007. L’amélioration de la situation sur le marché de l’emploi devrait également se traduire par un recul du taux de chômage à 3,4% en moyenne annuelle en 2006, et à 3,1% en 2007.

Les risques conjoncturels semblent actuellement plus ou moins équilibrés. Si après des années de retenue, l’amélioration du climat économique constatée durant ces derniers mois implique un développement plus favorable que prévu des capacités techniques et de personnel, alors l’année 2006 pourrait réserver des surprises agréables, à savoir une évolution plus favorable que celle prévue, comme cela a déjà été le cas en 2005. Toutefois, les risques que l’évolution effective soit moins dynamique que celle prévue subsistent également. Ceux-ci sont essentiellement liés à la situation économique mondiale et en particulier aux marchés financiers et à l’évolution des taux de change. Une incertitude importante continue de planer sur l’ampleur de l’effet de frein qui peut se dégager d’une hausse des taux d’intérêt sur la conjoncture internationale et surtout sur la consommation privée aux Etats-Unis. En particulier, la hausse prévue des taux d’intérêt couplée avec des bénéfices réalisés des entreprises qui pourraient être inférieurs aux attentes très élevées des marchés financiers, pourrait aboutir à une correction des valeurs boursières. Un tel scénario aurait des conséquences sur la conjoncture internationale. Le déficit grandissant de la balance des transactions courantes des Etats-Unis et ses conséquences éventuelles sur le cours du dollar constituent également un risque latent à ne pas négliger.



Berne, le 30 mars 2006
Secrétariat d’Etat à l’économie Communication




Le groupe d’experts de la Confédération publie chaque trimestre ses prévisions, dont les dernières datent du 30.03.2006. A partir du début 2006, le rapport du SECO « Tendances conjoncturelles », qui présente l’évolution conjoncturelle en Suisse et à l’étranger, est publié en même temps que les prévisions du groupe d’experts. La publication « Tendances conjoncturelles » est disponible en format PDF et est diffusée en annexe de « La Vie économique », dans les numéros de février, d’avril, de juillet et d’octobre (http://www.lavieeconomique.ch/).

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Secrétariat d'Etat à l'économie
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