Libre circulation des personnes : bonne capacité d'absorption du marché suisse du travail

Berne, 11.06.2013 - En permettant aux entreprises suisses de recruter plus facilement de la main-d'œuvre dans les Etats de l'UE/AELE, l'Accord sur la libre circulation des personnes (ALCP) conclu avec l'UE a largement contribué à la croissance de l'économie et de l'emploi ces onze dernières années. Dans ce contexte, le marché suisse du travail a fait preuve d'une bonne capacité d'absorption. Par ailleurs, des études empiriques récentes indiquent que les effets d'éviction ou les répercussions négatives dus à l'ALCP sont restés limités. De son côté, la crise économique qui sévit en Europe a influencé la composition de l'immigration ces deux dernières années : tandis que l'immigration en provenance des pays du Sud et de l'Europe de l'Est a progressé, le nombre d'immigrés allemands a nettement reculé.

Suite à l'introduction de la libre circulation, l'immigration en provenance des Etats de l'UE/AELE a fortement augmenté. Ainsi, entre 2002 et 2012, l'immigration nette en Suisse s'est élevée à 63 300 personnes par année. Sur les 38 400 personnes en provenance d'Etats de l'UE/AELE se trouvaient 16 300 ressortissants allemands et 7500 ressortissants portugais. Entre 1991 et 2001, le solde migratoire annuel en Suisse s'élevait encore à 26 400 personnes et l'immigration provenait presque exclusivement d'Etats hors UE/AELE.

L'immigration en Suisse dans le cadre de l'ALCP dépend fortement de la demande en main-d'œuvre des entreprises. Suite à une période de haute conjoncture qui a duré plusieurs années, l'immigration nette en Suisse a atteint un pic en 2008 avec environ 90 000 personnes. Au lendemain de la crise financière de 2009, le solde migratoire a affiché un net recul, avant de repartir à la hausse dans la foulée de la reprise économique en 2010 et 2011.

En 2012, le nombre total d'étrangers ayant immigré en Suisse était supérieur de 73 000 personnes au nombre d'étrangers ayant émigré durant la même année ; près des trois quart provenaient de l’espace UE/AELE. Par ailleurs, ces dernières années, on a constaté une réorientation des pays de provenance : alors que l'immigration d'Allemagne a fortement reculé en 2008, celle des pays du Sud et de l'Europe de l'Est a sensiblement progressé. La crise économique en Europe a largement influencé les flux migratoires entre les pays de l'UE/AELE.

Face à la forte immigration de ces dernières années, le marché suisse du travail a fait preuve d'une bonne capacité d'absorption. Entre 2002 et 2012, le nombre de personnes actives a augmenté d'environ 565 000 personnes. Une moitié de cette augmentation est attribuable à des citoyens suisses et des étrangers établis, l'autre moitié à des titulaires d'une autorisation à l'année ou de courte durée et aux frontaliers. Entre 2003 et 2012, aussi bien les Suisses que les ressortissants des Etats de l'UE/AELE ont vu légèrement augmenter leur taux d'emploi, celui des ressortissants d'Etats tiers s'étant maintenu à un niveau relativement faible.

Les personnes immigrées en provenance de l'UE/AELE étaient pour la plupart hautement qualifiées. En effet, 53 % des personnes actives immigrées dans le cadre de l'ALCP disposaient d'une formation de niveau tertiaire. Ce taux est de 34 % chez les personnes actives en Suisse. Les Etats de l'UE/AELE ont aussi joué un rôle pour le recrutement de main-d'œuvre moins bien qualifiée, puisque seul le recrutement de main-d'œuvre hautement qualifiée est autorisé dans les Etats tiers.

L'augmentation du nombre de personnes actives en provenance de l’UE/AELE est attribuable pour 60 % à trois principaux groupes de professions, à savoir les dirigeants et cadres supérieurs, les professions intellectuelles et scientifiques ainsi que les techniciens et professions de même niveau. Les Suisses également ont affiché une forte croissance de l'emploi dans ces groupes de professions au cours des dix dernières années.

Les observations à long terme sur plusieurs cycle conjoncturels indiquent que le taux de chômage est resté stable depuis les années nonante. Entre 2003 et 2012, les Suisses ont toujours affiché le taux de chômage le plus bas. En Suisse, les étrangers sont davantage confrontés au chômage que les travailleurs indigènes. Cependant les ressortissants des pays de l’UE/AELE s’intègrent nettement mieux sur le marché du travail que les personnes issues d’Etats tiers.

Une étude actuelle analyse en détail l'influence de l'immigration sur l'évolution de l'emploi et du chômage entre 2001 et 2010. Les chercheurs des universités de Zurich et de Lausanne sont parvenus à la conclusion que la forte immigration n’a provoqué aucun effet général d’éviction ; ils ont constaté un faible effet d'éviction pour les travailleurs hautement qualifiés. Selon eux, l’immigration supplémentaire induite par la libre circulation des personnes a causé une augmentation du chômage chez les personnes nées en Suisse à hauteur de 0,2 point de pourcentage. Ce phénomène s'est limité aux personnes hautement qualifiées.

Les mesures d’accompagnement se révèlent fondamentalement efficaces pour lutter contre d’éventuels phénomènes négatifs liés à l’ALCP. Une baisse des bas salaires a notamment pu être évitée ces dernières années et les mesures d’accompagnement y ont largement contribué.

En raison de la forte immigration, la part des ressortissants de l’UE/AELE participant au financement des assurances sociales ne cesse d’augmenter, alors même que celle des suisses recule. Ces dernières années, la forte immigration a ralenti le vieillissement de la population en Suisse. Pour les assurances du premier pilier (AVS/AI/APG/PC) financées selon un mécanisme de répartition, elle a donc été synonyme d'allègement. La crainte que la libre circulation des personnes ne conduise à une augmentation disproportionnée du nombre de bénéficiaires étrangers de prestations AI ne s’est pas confirmée.


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