Contenu des accords de libre-échange
Les accords de libre-échange (ALE) n’ont pas pour but de favoriser un commerce sans frontières et sans limites, mais de faciliter les échanges entre deux ou plusieurs pays en réduisant ou supprimant les barrières commerciales. Ils promeuvent ainsi le commerce international.

La réduction des droits de douane est un élément central de tout ALE. La Suisse s’attache à obtenir une réduction aussi importante que possible, tout en tenant compte de ses propres sensibilités (agriculture) et de celles de ses pays partenaires.
Le contenu des ALE conclus par la Suisse a évolué au fil du temps. Alors que la libéralisation du commerce des marchandises était initialement l’unique objectif, d’autres domaines sont venus s’y ajouter par la suite, notamment les services, les investissements et les marchés publics. Ces domaines sont aujourd’hui inclus dans la plupart des ALE de la Suisse. Depuis 2010, la Suisse intègre en outre à chacun de ses ALE un chapitre sur le commerce et le développement durable. Les sections ci-après proposent une description détaillée des différents domaines que la Suisse s’attache à intégrer par défaut à ses ALE.
Commerce des marchandises
Les dispositions relatives au commerce des marchandises règlent les concessions tarifaires (réduction ou suppression de droits de douane) que les parties s’accordent mutuellement. Ces concessions facilitent, d’une part, l’accès au marché pour les exportations suisses et, d’autre part, l’importation de marchandises.
Produits industriels
Les ALE conclus par la Suisse visent à réduire autant que possible les droits de douane sur les produits industriels, y compris le poisson et les autres produits de la mer, au niveau tant de l’importation que de l’exportation.
Produits agricoles
Les ALE de la Suisse font une distinction entre les produits agricoles de base et les produits agricoles transformés. Dans les deux domaines, la Suisse vise une libéralisation ciblée compatible avec les objectifs de sa politique agricole. Au chapitre des produits agricoles de base, la Suisse octroie des concessions principalement sous la forme de réductions de droits de douane sur des produits non sensibles (fruits tropicaux, p. ex.) et des importations dans le cadre des contingents tarifaires de l’OMC (viande ou fruits et légumes, p. ex.). S’agissant des produits agricoles transformés, les concessions octroyées par la Suisse correspondent à l’élément de protection industrielle. La Suisse a également des intérêts à l’exportation. Elle vise notamment un meilleur accès aux marchés étrangers pour les produits agricoles comme le fromage et les produits laitiers et les préparations alimentaires comme les boissons énergisantes, le chocolat et le café.
FAQ Commerce des marchandises
Règles d’origine
Les règles d’origine déterminent les produits qui peuvent bénéficier de taux préférentiels dans le cadre d’un ALE. Les produits originaires doivent avoir été entièrement obtenus (p. ex. une vache doit être née et avoir été élevée en Suisse) ou avoir fait l’objet d’ouvraisons ou de transformations suffisantes (p. ex. fabrication d’une machine contenant également des pièces provenant de l’étranger) sur le territoire d’un partenaire de libre-échange. À l’heure où les produits contiennent toujours plus d’intrants de différents pays et où les processus de production se répartissent entre plusieurs pays, les règles d’origine doivent être simples et libérales.
Les règles d’origine d’un ALE se composent de dispositions matérielles (figurant la plupart du temps dans une annexe) et de règles de liste (règles spécifiques aux produits). Les dispositions déterminent entre autres les produits considérés comme originaires, les prescriptions régissant le transport de produits d’une partie à l’autre, les preuves d’origine requises, les contrôles a posteriori des preuves d’origine et les autres aspects à prendre en considération lors de l’importation et de l’exportation. Dans les règles de liste, une règle est fixée pour chaque produit qui indique l’ouvraison ou la transformation minimale devant être effectuée pour que le produit final puisse être considéré comme un produit originaire d’une partie au sens de l’ALE. La plupart du temps, les dispositions et les règles de liste varient d’un ALE à l’autre en raison des sensibilités et intérêts des différentes parties. Les règles de liste doivent refléter les processus d’ouvraison ou de transformation des producteurs suisses afin que ces derniers puissent profiter de l’ALE.
FAQ Règles d’origine
Facilitation des échanges
La facilitation des échanges vise à simplifier et à accélérer les formalités douanières, et à réduire ainsi les coûts pour l’économie. Pour tenir compte de l’importance croissante de ce domaine, la Suisse négocie des règles en la matière dans ses nouveaux ALE, en y intégrant notamment les principes essentiels de la facilitation des échanges, à savoir la transparence, la simplification et la coopération.
Les dispositions relatives à la facilitation des échanges obligent entre autres les parties à publier sur internet leur législation en la matière et les droits de douane applicables, et à respecter les normes internationales lors de la conception de leurs procédures douanières (la Convention de Kyoto révisée, p. ex.). Elles fixent notamment les modalités de publication des taxes et redevances. Ces informations et garanties sont utiles pour évaluer si les importations depuis un pays ou des exportations vers ce pays valent la peine. Au niveau international, des normes minimales sont fixées dans l’Accord de l’OMC sur la facilitation des échanges, en vigueur depuis 2017. La Suisse s’attache toutefois à négocier des dispositions allant plus loin afin d’obtenir des engagements aussi contraignants que possible et d’accroître ainsi la sécurité juridique.
FAQ Facilitation des échanges
Obstacles techniques au commerce (SPS et OTC)
La composition, l’emballage et la fabrication des produits sont réglés par des prescriptions techniques qui servent un intérêt public, comme la protection de la santé ou de l’environnement. Lorsque les partenaires commerciaux n’appliquent pas les mêmes prescriptions techniques pour un même produit ou ne reconnaissent pas mutuellement l’évaluation de la conformité* d’un produit, il en résulte des obstacles techniques au commerce transfrontalier de marchandises qui génèrent des coûts supplémentaires pour les entreprises exportatrices. Les accords multilatéraux de l’OMC fixent le cadre international destiné à empêcher et à réduire les obstacles techniques au commerce qui ne sont pas nécessaires (Accord sur les obstacles techniques au commerce [OTC] et Accord sur les mesures sanitaires et phytosanitaires [SPS]). Sur la base de ces accords, la Suisse s’attache à aller plus loin dans la réduction de ces obstacles en concluant des ALE bilatéraux. Elle conclut en outre des arrangements sur l’élaboration de prescriptions techniques, la coopération entre les autorités, la transparence, l’échange de renseignements ou encore la reconnaissance des résultats de l’évaluation de la conformité.
*Pour qu’un produit puisse être mis sur le marché, sa conformité avec les prescriptions techniques applicables doit être vérifiée (évaluation de la conformité). L’évaluation de la conformité doit être réalisée selon une procédure fixée par les autorités (procédure d’évaluation de la conformité).
Les dispositions dans les domaines OTC/SPS contribuent à abaisser les obstacles techniques au commerce. Dans le contexte de la réduction progressive des droits de douane, ces dispositions jouent un rôle toujours plus important pour la commercialisation d’un grand nombre de produits industriels et agricoles.
Les ALE conclus avec des partenaires commerciaux importants complètent les accords multilatéraux de l’OMC, étant donné que les parties conviennent de dispositions qui ne figurent pas dans les accords de l’OMC. Il peut notamment s’agir de précisions concernant des normes internationales, de la reconnaissance de certaines inspections dans le domaine des médicaments, de simplifications de la commercialisation de produits industriels comme les appareils électriques, de principes concernant l’étiquetage de produits ou encore de procédures bilatérales concernant l’ouverture du marché pour les exportations de produits laitiers ou à base de viande. L’échange de renseignements entre les autorités accroît la transparence entre les partenaires commerciaux. La coopération peut également être intensifiée dans certains domaines (bien-être des animaux, p. ex.). Les mécanismes de coopération mis en place permettent aux partenaires commerciaux d’examiner les obstacles techniques concrets au commerce.
De plus amples informations concernant les entraves techniques au commerce sont disponibles.
FAQ Obstacles techniques au commerce (SPS/OTC)
Mesures de sauvegarde commerciales
Un pays peut temporairement mettre en œuvre des mesures de sauvegarde commerciale pour protéger son économie lorsqu’une branche indigène est exposée à une menace de dommage grave. De telles mesures sont par exemple admises lorsque les subventions accordées par une partie créent des entraves excessives au commerce, lorsqu’une entreprise accède au marché d’une autre partie en pratiquant du dumping ou lorsque les préférences tarifaires négociées nuisent aux branches économiques indigènes. Les dispositions des ALE s’appuient largement sur le droit de l’OMC. Elles prévoient en outre des obligations de consultation et d’information adaptées aux relations bilatérales.
Les mesures de sauvegarde prennent souvent le secteur d’exportation au dépourvu. Elles peuvent ainsi fragiliser la sécurité juridique dans les relations économiques bilatérales et lui nuire si elles répondent à des motifs protectionnistes. Lors des négociations de libre-échange, la Suisse s’attache à obtenir l’exclusion réciproque des mesures antidumping. Elle vise en outre, dans la mesure du possible, à négocier l’exclusion des mesures de sauvegarde OMC, pour autant que les importations en question ne causent pas de dommage grave. Elle n’y parvient toutefois pas tout le temps, bon nombre de pays n’étant pas disposés à accorder de concessions dans ce domaine.
FAQ Mesures de sauvegarde commerciales
Droits de propriété intellectuelle
Les ALE conclus par l’AELE prévoient des normes de protection des droits de propriété intellectuelle et des mesures visant à faire respecter ces droits. Une protection appropriée et applicable de la propriété intellectuelle revêt un intérêt majeur pour la Suisse et son économie portée par l’innovation. Les dispositions relatives à la protection de la propriété intellectuelle se fondent sur les principes de l’Accord de l’OMC sur les aspects des droits de propriété intellectuelle qui touchent au commerce (accord sur les ADPIC).
Pays porté par l’innovation, la Suisse a besoin d’une protection appropriée de la propriété intellectuelle. Le développement du libre-échange présuppose une protection renforcée des droits de propriété intellectuelle sur les produits et services échangés. Ces dernières années, la protection des droits de propriété intellectuelle a encore gagné en importance dans les échanges commerciaux mondiaux.
Environ 80 % des exportations suisses impliquent d’une manière ou d’une autre des droits de propriété intellectuelle. À titre d’exemple, la protection des brevets est importante pour le secteur chimique et pharmaceutique ainsi que le secteur des machines. L’industrie alimentaire et l’horlogerie sont elles aussi tributaires d’une protection adéquate des marques. Les ALE de l’AELE couvrent en général la protection de tous les droits de propriété intellectuelle, en particulier les brevets, les données d’essais, les designs, les droits d’auteur, les marques, les indications de provenance et la désignation « Suisse » (« Swissness »), et les indications géographiques.
Le chapitre des ALE consacré aux droits de propriété intellectuelle se base sur des normes internationales et garantit une sécurité juridique pour les détenteurs de droits au moyen de règles transparentes et prévisibles. Il prévoit également une partie concernant la mise en œuvre de ces droits, comme des mesures aux frontières. Les dispositions relatives aux droits de propriété intellectuelle sont soumises au mécanisme de règlement des différends de l’ALE. De plus amples informations sur la propriété intellectuelle sont disponibles sur la page d'accueil de l'IPI.
FAQ droits de propriété intellectuelle
Concurrence
Les règles de concurrence contenues dans les ALE de la Suisse ou de l’AELE visent à garantir que la libéralisation du commerce au titre de l’ALE ne soit pas entravée, limitée ou faussée par des pratiques commerciales anticoncurrentielles des entreprises. En vertu de ces règles, le cloisonnement du marché au moyen d’accords entre les entreprises (concernant les prix, les volumes ou les zones de marché) ou de pratiques abusives d’entreprises occupant une position dominante ne sont pas compatibles avec les ALE. Ces règles s’appliquent également aux entreprises publiques.
La mise en œuvre des principes fixés dans l’accord incombe aux autorités nationales de concurrence ; les ALE peuvent toutefois prévoir des règles concernant la coopération et l’échange de renseignements entre ces autorités. Une partie peut demander d’engager des consultations si des pratiques anticoncurrentielles entravent le commerce entre les parties. Une partie qui subit un préjudice persistant peut prendre des mesures appropriées. Celles-ci doivent toutefois être proportionnées et entraver aussi peu que possible le fonctionnement de l’ALE.
FAQ Concurrence
Commerce des services
Les dispositions concernant le commerce des services se fondent sur l’Accord général sur le commerce des services (AGCS) de l’OMC mais vont au-delà de celui-ci dans des domaines importants. L’objectif, dans le cadre des ALE, est d’améliorer les conditions pour les exportateurs de services suisses et d’empêcher les éventuelles discriminations vis-à-vis des fournisseurs de services d’autres pays.
Les ALE couvrent en principe tous les secteurs des services et tous les modes de fourniture. Les règles générales du chapitre sur les services sont complétées par des annexes (sur les services financiers, p. ex.), qui prévoient des règles et engagements propres au secteur concerné. Les ALE contiennent également des listes d’engagements des partenaires ; celles-ci énumèrent les secteurs des services et les modes de fourniture pour lesquels les fournisseurs de services du partenaire commercial bénéficient d’un accès au marché national (accès au marché) ou ne doivent pas faire l’objet de discrimination vis-à-vis des fournisseurs de services nationaux (traitement national). De plus amples informations concernant le commerce des services et les dispositions des ALE de la Suisse relatives aux services sont disponibles.
FAQ Commerce des services
Investissements
Dans le domaine des investissements, un ALE règle que les investisseurs d’une partie ont le droit de fonder ou de reprendre une entreprise sur le territoire d’une autre partie, en principe aux mêmes conditions que les investisseurs nationaux. Les engagements en ce sens pour les secteurs des services sont consignés sous le mode de fourniture « établissement commercial » du chapitre consacré au commerce des services. Cependant, la protection des investissements n’est en général pas réglée dans les ALE, mais dans des accords bilatéraux de promotion des investissements.
Les investisseurs actifs à l’échelle internationale sont tributaires de conditions-cadres stables, sûres et prévisibles pour leurs investissements, qu’ils réalisent souvent à très long terme. Dans leur décision d’investissement, les entreprises tiennent compte non seulement de la taille du marché et de l’infrastructure, mais encore de la sécurité juridique supplémentaire garantie par des traités internationaux (accord de protection des investissements, ALE, convention de double imposition). Commerce et investissement sont étroitement liés. Des droits de douane peu élevés sur le territoire d’un partenaire de libre-échange augmentent l’attrait de ce dernier pour les investissements. C’est également le cas de la Suisse. Dans le cadre des chaînes de valeur mondiales et pour des raisons de compétitivité, les entreprises suisses doivent toutefois également pouvoir réaliser (ne serait-ce qu’une partie de) leur production à l’étranger. La Suisse a donc un intérêt considérable à obtenir des conditions-cadres avantageuses non seulement pour le commerce, mais encore pour les investissements.
FAQ Investissements
Marchés publics
Les ALE de la Suisse règlent les principes et les procédures de passation des marchés publics, et comprennent des engagements concernant l’accès aux marchés publics des autres parties. Ils améliorent en particulier la sécurité juridique et la transparence. Sur la base de la réciprocité et de la non-discrimination, l’objectif est d’améliorer les possibilités d’exportation et la compétitivité des PME et de prévenir tout risque de discrimination des fournisseurs suisses par rapport aux fournisseurs d’autres partenaires commerciaux. Les dispositions relatives aux marchés publics se fondent sur Accord de l’OMC sur les marchés publics (AMP).
FAQ Marchés publics
Développement durable
Dans le cadre d’une politique économique extérieure cohérente, la Suisse vise à conclure des ALE qui offrent des perspectives de croissance durable à la fois en Suisse et dans les pays partenaires. Pour contribuer à la réalisation de cet objectif, la Suisse s’engage dans chaque nouvelle négociation d’ALE et dans le cadre de la révision des ALE existants pour l’inclusion de dispositions spécifiques concernant le commerce et le développement durable. Ces dispositions font écho aux engagements des parties au titre des Objectifs du développement durable (ODD) des Nations Unies. Elles fixent un cadre de référence commun que les parties s’engagent à respecter dans leur relation économique préférentielle, de sorte que les objectifs économiques visés par les ALE aillent de pair avec les objectifs des parties en matière de protection de l’environnement et des droits des travailleurs.
Parmi ces clauses figurent entre autres des engagements concernant le respect et la mise en œuvre effective des accords environnementaux multilatéraux et des conventions de l’Organisation internationale du travail (OIT) ratifiés par les parties. La Suisse et ses partenaires de l’AELE ont procédé en 2019 à une révision du chapitre modèle sur la durabilité. Des dispositions thématiques nouvelles ont été développées concernant la gestion durable des ressources forestières, la gestion durable des ressources halieutiques, le commerce et la biodiversité, le commerce et le changement climatique, le commerce inclusif, ainsi que la responsabilité sociétale des entreprises (RSE). En outre, l’approche en matière de règlement des différends a été renforcée. La nouvelle mouture prévoit la possibilité pour les parties de recourir à un panel d’experts indépendants pour contribuer à la résolution de problèmes qui n’auraient pas pu l’être par les voies de consultations traditionnelles.
De plus amples informations sur les accords de libre-échange sont accessibles sous développement durable et accords de libre-échange.
FAQ Développement durable
Règlement des différends
Le chapitre sur le règlement des différends prévoit une procédure pour régler les litiges concernant l’interprétation ou l’application correcte de l’accord. Les ALE conclus par l’AELE prévoient que les différends entre les parties doivent, dans la mesure du possible, être résolus dans des consultations. Ils offrent également la possibilité d’une procédure arbitrale pour les cas qui ne peuvent pas être réglés par la voie diplomatique. Un tribunal arbitral, composé de trois arbitres expérimentés, est constitué pour chaque cas. Il évalue la compatibilité de la mesure litigieuse avec l’ALE en question. Ses décisions sont contraignantes et définitives.
FAQ Règlement des différends
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Partenaires de libre-échange de la Suisse
Liste de tous les partenaires de libre-échange de la Suisse avec les bases juridiques par pays

Association européenne de libre-échange (AELE)
Fondée en 1960, l'AELE est passée d'une initiative visant à réduire les droits de douane à une plateforme centrale pour la négociation conjointe d'accords de libre-échange modernes.
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