Responsabilité solidaire

En 2013, la responsabilité solidaire a été renforcée dans la loi sur les travailleurs détachés. La responsabilité solidaire est applicable dans le secteur du gros-œuvre et du second-œuvre. La mise en œuvre de la responsabilité solidaire est concrétisée dans l’ordonnance sur les travailleurs détachés.

Si les conditions minimales de salaire et de travail fixées dans une convention collective de travail étendue ne sont pas respectées par un sous-traitant, l'entrepreneur contractant peut dorénavant être recherché sur le plan civil pour les prétentions des travailleurs. Il répond ainsi de chacun des sous-traitants en chaîne.

L'entrepreneur contractant peut toutefois s'exonérer de sa responsabilité, s'il apporte la preuve qu'il a rempli le devoir de diligence commandé par les circonstances en vérifiant le respect des conditions de travail et de salaire minimales lors de chaque transmission de travaux dans le cadre d'une sous-traitance en chaîne. C'est notamment le cas s'il a exigé de chacun de ses sous-traitants qu'ils lui rendent vraisemblable le fait qu'ils respectent les conditions minimales de salaire et de travail.

L'entrepreneur contractant est responsable à titre subsidiaire pour le sous-traitant. Cela signifie qu'avant de pouvoir faire valoir ses prétentions auprès de l'entrepreneur contractant, le travailleur doit tout d'abord se tourner vers son propre employeur.

Devoir de diligence de l’entrepreneur contractant

Le devoir de diligence se compose généralement de trois éléments, dont l'importance peut varier selon les circonstances. L'entrepreneur contractant doit décider, au cas par cas, quel degré de diligence il doit fournir envers un sous-traitant donné et quels éléments doivent plus ou moins peser dans la balance. Il s'agit des trois éléments suivants:

  1. Présentation du respect des conditions de travail et de salaire (art. 8b, al. 1 et 2, Odét):
    cette étape survient au moment de l'attribution des travaux. L'entrepreneur contractant doit exiger de son sous-traitant qu'il lui démontre de manière vraisemblable, au moyen de documents, qu'il respecte les conditions minimales de travail et de salaire.
  2. Mesures contractuelles (art. 8c Odét):
    l'entrepreneur contractant doit régler dans le contrat d'entreprise avec le sous-traitant, l'éventuelle sous-traitance à un deuxième et à un troisième sous-traitant. Il doit obtenir des garanties contractuelles que toute sous-traitance doit être soumise à son aval. En outre, il peut se réserver contractuellement le droit d'accéder aux données concernant les salaires et les conditions de travail aux fins d'exercer son devoir de diligence.
  3. Mesures organisationnelles (art. 8c Odét):
    des mesures organisationnelles sont en outre nécessaires pour garantir que l'entrepreneur contractant puisse contrôler préalablement, lors de chaque sous-traitance de travaux dans le cadre de son projet de construction, le sous-traitant responsable de l'exécution. A cet effet, il doit obtenir une vue d'ensemble sur les lieux du chantier, de manière à s'assurer qu'il n'y ait aucun sous-traitant actif dans l'exécution des travaux sur le lieu du chantier, n'ayant pas été contrôlés au préalable.

Les sous-traitants ayant leur siège ou leur domicile est en Suisse, qui sont inscrits au Registre du commerce depuis moins de deux ans et qui n'ont pas encore été contrôlés par une commission paritaire (CP) d'une convention collective de travail étendue doivent présenter, une fois, leurs déclarations aux CP compétentes pour qu'elles puissent effectuer un contrôle (art. 8b, al. 3, Odét).

La responsabilité solidaire exige de l'entrepreneur contractant un certain devoir de diligence lors de l'attribution de travaux à ses sous-traitants. Le respect de ce devoir de diligence dépend des circonstances du cas d'espèce. L'ordonnance sur les travailleurs détachés donne des indications sur les documents qui permettent au sous-traitant de prouver à l'entrepreneur contractant qu'il respecte les conditions minimales de travail et de salaire. L'entrepreneur contractant ne peut cependant pas dans tous les cas s'acquitter de son devoir de diligence par la seule collecte de documents. CCe sont toujours les circonstances du cas concret qui sont déterminantes. Ainsi, le prix de l'ouvrage peut également constituer un indice permettant à l'entrepreneur contractant de déterminer si le sous-traitant respecte les conditions minimales de travail et de salaire. L'entrepreneur contractant doit s'appuyer sur l'ensemble des éléments à sa disposition pour estimer s'il est vraisemblable que le sous-traitant respecte les conditions minimales de travail et de salaire.


Documents modèles

Les modèles suivants servent à établir si les conditions de travail et de salaire sont respectées. Ils sont destinés à fournir une aide à l'entrepreneur contractant et aux sous-traitants qui ne sont cependant pas tenus d'y recourir. Les associations professionnelles et les employeurs peuvent utiliser leurs propres documents pour la déclaration de respect des conditions de travail et de salaire. L'ordonnance sur les travailleurs détachés prévoit également d'autres possibilités pour cette déclaration, comme une inscription dans un registre professionnel (art. 8b, al. 1, let. d, Odét) ou l'attestation de contrôle d'une CP (art. 8b, al. 1, let. c, Odét).

Déclaration relative au respect des conditions minimales de salaire

Pour sous-traitants dont le siège ou le domicile est en Suisse (DOCX, 35 kB, 21.08.2013)Déclaration relative au respect des conditions minimales de salaire

Pour sous-traitants dont le siège ou le domicile est à l’étranger (DOCX, 30 kB, 21.08.2013)Déclaration relative au respect des conditions minimales de salaire

Déclaration relative au respect des conditions minimales de travail

Pour sous-traitants dont le siège ou le domicile est en Suisse (2) (DOCX, 40 kB, 21.08.2013)Déclaration relative au respect des conditions minimales de travail

Pour sous-traitants dont le siège ou le domicile est à l’étranger (2) (DOCX, 40 kB, 21.08.2013)Déclaration relative au respect des conditions minimales de travail


Rapport sur l’efficacité de la responsabilité solidaire

Le Conseil fédéral a adopté, le 20 juin 2018, le rapport sur l’efficacité de la responsabilité solidaire de l’entrepreneur contractant dans la construction. Le Parlement avait décidé, le 14 décembre 2012, du renforcement de la responsabilité solidaire de l’entrepreneur contractant en cas de non-respect des conditions minimales de salaire et de travail par ses sous-traitants. Il avait chargé le Conseil fédéral de lui remettre un rapport sur l’efficacité de la règle relative à la responsabilité cinq ans après son entrée en vigueur le 15 juillet 2013.

Communiqué de presse

20.06.2018

La responsabilité solidaire mise en place pour lutter contre les infractions salariales a un effet préventif

Le Conseil fédéral a adopté, le 20 juin 2018, le rapport sur l’efficacité de la responsabilité solidaire de l’entrepreneur contractant dans la construction. Le rapport d’évaluation montre que la responsabilité solidaire a rempli ses objectifs : lorsque les entrepreneurs contractants attribuent des mandats de construction à des sous-traitants, ils vérifient que ceux-ci respectent les conditions de salaire et de travail. La responsabilité solidaire renforcée a conduit à plus de prudence lors de la réattribution de travaux et a avant tout un effet préventif contre les infractions aux dispositions salariales sur les chantiers suisses.


Dernière modification 15.12.2021

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